L’épargne de précaution mérite mieux que le taux du Livret A


03/10/2013 par Therese 4 réponses (4)

L'argent n'afflue plus sur le livret ADepuis la baisse du taux du Livret A et du LDD à 1,75% en février, puis à 1,25% en août, l’épargne placée sur ces produits stagne. Les Français ont de plus en plus de mal à épargner. Raison de plus pour exiger un rendement plus élevé pour son épargne de précaution. Les foyers à revenus modestes, en particulier, n’ont pas de raison de préférer les livrets défiscalisés aux placements imposables.

Le Livret A est le produit d’épargne préféré des Français : 96% en ont un ! Mais est-il bien utilisé ? A l’heure où la majorité des Français a de plus en plus de mal à épargner, il faut reposer la question de cette préférence pour les livrets défiscalisés, Livret A et Livret de Développement Durable (LDD).

Les Français ont de plus en plus de mal à épargner

En août 2013, la collecte du Livret A a été de seulement 50 millions d’euros, soit une augmentation de l’encours de 0,02%, la plus basse depuis 3 ans !

Les Français ont de plus en plus de mal à épargner. Entre octobre 2012 et mars 2013, les ménages français ont épargné 23 milliards. C’est 15 milliards d’euros, soit 40% en moins que durant la même période un an auparavant. Selon une enquête d’IPSOS, seul un ménage sur trois arrive à mettre de l’argent de coté, 42% sont à l’équilibre et près d’un quart des ménages vit à crédit ou en puisant dans son épargne antérieure.

Seul un ménage sur trois arrive à épargner

Le succès des livrets défiscalisés dépasse leur utilité

Malgré son très faible rendement, l’épargne placée sur les livrets non imposables est énorme : 266 milliards pour le Livret A et 100 milliards sur le LDD. En décembre 2012, la France comptait  63 millions de Livrets A pour une population de 66 millions. Il faut croire que chaque bébé en a un ! L’encours placé sur un Livret A était à cette date en moyenne de 3 796 euros. Quant au LDD, 37% des Français en ont un et l’encours moyen est similaire, à 3 734 euros.

Les raisons du succès de ces produits sont :

  • Transparence : aucun frais.
  • Simplicité : pas de déclaration d’impôt.
  • Liquidité : épargne disponible à tout moment.
  • Fiscalité : zéro impôt, ni prélèvements sociaux, ni impôt sur le revenu.
  • Multiplicité : un par personne, dont un par enfant dans une famille.

Par contre, le rendement ne fait pas partie des qualités des livrets défiscalisés. Au contraire, le taux du Livret A -et donc du LDD, qui est aligné sur celui du Livret A- est calculé par la Banque de France selon une formule qui, la plupart du temps, revient à donner aux épargnants une prime de 0,25% au dessus de l’inflation. En ce moment l’inflation est basse, à 0,9% sur un an selon l’INSEE, donc le taux est bas, à 1,25%.

On voit bien que ces livrets ne sont pas conçus pour faire gagner de l’argent aux épargnants, mais seulement pour empêcher l’érosion de l’argent de leurs souscripteurs. Surtout, les livrets réglementés sont faits pour collecter de l’argent pour les programmes publics financés par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Il existe d’autres solutions pour l’épargne de précaution

L’usage des livrets d’épargne défiscalisés devrait être limité, au mieux, à l’épargne de précaution, c’est à dire aux liquidités qu’un ménage, quand il le peut, garde sous le coude pour faire face aux imprévus. C’est le « matelas » qui permet de lisser les dépenses du ménage, d’éviter le stress et les mauvaises décisions qui s’en suivent. On estime généralement que l’épargne de précaution doit comprendre l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses. Elle doit être disponible sans frais et sans délais.

Par contre, l’épargne de précaution doit être rémunérée. On évite donc de la laisser sur un compte courant où elle est érodée par les frais bancaires. Bien plus, par ces temps difficiles, on se doit sans doute d’exiger pour son épargne de précaution un taux d’intérêt supérieur à celui des livrets réglementés de type Livret A et LDD, soit 1,25%.

Comme le montre l’infographie ci-dessous, il n’y a pas toujours de raison de privilégier les placements non imposables comme les Livrets A par rapport aux placements imposables. Malgré les prélèvements sociaux obligatoires de 15,5%, les intérêts nets d’impôt d’un placement à 3% brut resteront supérieurs à 1,25% après déduction de l’impôt sur le revenu et de la CSG déductible à 5,1%.

Pas de raison de préférer les livrets défiscalisésDeux exemples de placements imposables qui remplissent les conditions d’une épargne de précaution :

  •  Les livrets bancaires à taux boosté dont le taux moyen sur 12 mois dépasse 3%. Ces offres sont profitables si on ne laisse pas l’épargne trop longtemps au taux hors promotion. Voir, par exemple, les livrets promotionnels suivis pas Finance Pratique. Vérifiez les nouveaux taux, car les promotions changent très souvent.
  • Les fonds en euros sans frais d’entrée, ni frais sur les versements ou frais de sortie : il faut s’assurer que les frais n’annulent pas le rendement. Il n’est pas rare de trouver un fonds en euros rapportant autour de 3% brut (brut d’impôts mais net de frais de gestion). La moyenne ayant été de 2,9% en 2012. Voir, par exemple, les fonds en euros des contrats d’assurance vie sans frais de Generali, Boursorama (distributeur de Generali) ou ING Direct.

Notez que les produits nommés dans nos articles sont donnés à titre d’illustration concrète et n’ont aucunement valeur de recommandation.

Le système de l’impôt sur le revenu étant conçu pour diminuer les écarts de richesse, les produits non défiscalisés sont particulièrement intéressants pour les ménages à bas revenu et donc moins imposés. Comme ces ménages ont peu d’épargne, ils ont tendance à moins s’en préoccuper : c’est dommage.

Occupons-nous de notre argent, ne baissons pas les bras !

 

 

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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4 réflexions au sujet de « L’épargne de précaution mérite mieux que le taux du Livret A »

  1. Fanny

    C’est exactement ce que je me disais !
    Le livret A est pas forcément plus « rentable » par rapport à l’assurance-vie ou par rapport aux livrets fiscalisées…
    Il suffit de faire des comparaisons sur des sites de comparateur type celui de Panorabanques :
    Comparatif livret
    Comparatif assurance-vie
    Ca donne un bon aperçu de ce qu’on peut gagner. A comparer avec la rémunération qu’on peut obtenir avec le livret au taux de 1,25% !

    Répondre
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