Bourse : se préparer au tapering


25/11/2013 par Therese 2 réponses (2)

Bourse : 18 mois de hausse des principaux indices Si le trend continue, l’année 2013 aura été une bonne année pour les investisseurs en bourse. Mais l’arrêt progressif (tapering) de l’assouplissement quantitatif sera la clé d’une année 2014 encore plus volatile et risquée. Si vous voulez (re-)venir sur les marchés actions maintenant, rappelez-vous qu’on n’investit pas en regardant dans le rétroviseur !

Depuis juin 2012, les indices boursiers ne cessent de grimper. Le CAC 40 a pris 35% en 18 mois, dont 16% depuis le début de l’année 2013, le Dow Jones 24% et le DAX 44%, dont respectivement 15% et 19% en 2013. Certains investisseurs en ont bien profité : il n’est pas rare de rencontrer un particulier dont le portefeuille boursier a gagné 20% ou même 30% depuis juin !

Dans ce contexte, le particulier qui laisse dormir ses économies dans un placement à 1,75% comme le Livret A peut se poser des questions et se dire qu’il est en train de se paupériser. Est-il temps de (re-)venir en bourse ?

Les nouveaux records donnent le vertige Progression des indices boursiersSource des données : Yahoo Finance, 19 novembre 2013.

Le Dow Jones, qui a depuis longtemps retrouvé ses niveaux d’avant la crise de 2008, a franchi pour la première fois les 16 000 points lundi 18 novembre. La CAC40 reste, lui, très loin derrière ses records à plus de 6 000 d’avant la crise de 2008, mais il est au plus haut depuis 2009 et ne cesse de flirter avec les 4 300.

Bulle ou pas bulle ?

Au moment où le Dow Jones passait la barre des 16 000, le célèbre investisseur Carl Icahn a déclaré qu’il était « très prudent sur les actions » :

  • « Le marché pourrait décrocher brutalement. [… ] Beaucoup de profits sont des mirages. Ils ne viennent pas d’une bonne gestion des sociétés mais de ce qu’elles empruntent à des taux très bas ». Carl Icahn, investisseur activiste.

Ces déclarations ont, comme toujours, déclenché deux sons de cloche opposés :

  • Les « doomsayers », ces oiseaux de mauvaise augure qui prédisent en permanence une apocalypse financière, crient à l’éclatement d’une bulle spéculative. Ils prédisent que les bourses vont s’effondrer quand les taux d’intérêts vont remonter. Les plus pessimistes sont souvent des médias qui vivent de sensationnalisme ou des gestionnaires qui vendent des placements comme de l’or et des matières premières.
  • Les sociétés de gestion se veulent rassurantes. Elles mettent l’accent sur la revalorisation des entreprises dont les actions dévalorisées par la crise reviennent à leur plus juste valeur. Ces optimistes sont souvent directement intéressés à l’activité des marchés boursiers et n’ont pas intérêt à laisser les pessimistes semer le doute. Pour défendre leur point de vue, ils attaquent : ils accusent par exemple Carl Icahn d’être seulement un mauvais perdant qui ne digère pas d’avoir manqué la hausse des dernier 18 mois. Carl Icahn a d’ailleurs rapidement minimisé ses propos.

Chacun prêchant pour sa chapelle, il est difficile pour l’investisseur privé et pour le citoyen de s’orienter.

Dans les faits, on a observé un mouvement de baisse ou de stabilisation de certains cours. De nombreux investisseurs s’accordent pour dire qu’un plafond, ou au moins un seuil, a été atteint. Beaucoup ont profité de divers prétextes, comme les déclarations de Carl Icahn, pour prendre leurs bénéfices, c’est-à-dire matérialiser leur gain en vendant leurs actions. Mais il n’y a pas de gros décrochage pour l’instant. L’optimisme domine.

Le « tapering », un retrait progressif de l’assouplissement quantitatif

Cela ne préjuge pas du futur. L’optimisme des marchés et les hausses qui s’en suivent sont basés sur la conviction que le principal moteur de l’euphorie boursière ne va pas s’arrêter brutalement. Ce moteur, c’est l’assouplissement quantitatif, en anglais « quantitative easing », un euphémisme largement utilisé pour rendre politiquement correct une version moderne et plus technique de l’impression d’argent frais, de la « planche à billets ».

  • Depuis 2008, pour relancer l’économie, les grandes Banque Centrales, la Réserve Fédérale américaine en tête, achètent aux banques des bons du trésor, des obligations et des titres adossés à des créances à hauteur de 85 milliards de dollars par mois. La Banque centrale du Japon a également lancé un programme de 1 400 milliards de dollars à raison de 70 milliards par mois.
  • La Banque Centrale Européenne (BCE) renfloue, quant à elle, également régulièrement les banques Européennes avec des liquidités bon marché, par l’intermédiaire des prêts du programme Longer-Term Refinancing Operations (LTRO) à des taux d’intérêt proches de zéro. Depuis 2011, ce sont presque 1 000 milliards d’euros qui ont ainsi été prêtés aux banques Européennes.

C’est ainsi que les banques centrales maintiennent les taux d’intérêt artificiellement bas, renflouent les banques et augmentent l’argent en circulation. Leur objectif est que, à travers les banques, les liquidités ainsi créées viennent alimenter la reprise de l’économie réelle, par exemple sous forme de crédits aux entreprises et aux particuliers.

En réalité, les liquidités abondantes nourrissent avant tout la hausse des marchés. Les demandes de crédits sont limitées par les critères d’attribution stricts et les ratios de fonds propres que le régulateur impose aux banques afin qu’elles ne se remettent pas en danger. De plus, il est beaucoup plus rentable pour les banques de jouer sur les marchés boursiers en hausse que de prêter de l’argent à des petites entreprises ou à des particuliers.

Le contrepoint est que l’arrêt des programmes d’assouplissement quantitatif pourrait provoquer une forte baisse des marchés. L’arrêt du programme américain a été de nombreuses fois annoncé, puis repoussé à cause des forts mouvements de baisse que ces annonces ont provoqués. En juin les marchés ont été rassurés par l’introduction du concept de « tapering », c’est-à-dire de retrait progressif, en douceur et en tenant compte des réactions des marchés. Mais la situation reste extrêmement incertaine. On peut donc craindre une année 2014 très volatile, suspendue aux communiqués des minutes des Banques Centrales.

Conclusion : Comment (re-)venir vers les marchés action

On l’aura compris : avec la plus grande prudence.

Il ne manque pas de conseillers dans les médias, voir par exemple Les Echos, comme parmi les gestionnaires de patrimoine, tel que MonFinancier.com qui expliquait récemment comment dynamiser son épargne en y mettant un peu d’actions. Tous recommandent d’investir de façon très discriminante, c’est-à-dire en étant très exigeant sur la qualité des fonds ou des entreprises dans lesquels on investit et en évitant les valeurs qui ont déjà maximisé leur hausse.

Cependant, le principal rappel que Finance Pratique désirerait faire est de se méfier de sa propre psychologie, et en particulier du suivisme et du désir de rattraper les autres. Si votre cousin a gagné 30% en bourse l’année dernière, tant mieux pour lui. Cela ne veux pas dire qu’il va encore gagner 30% cette année.

Gardez à l’esprit l’avertissement bien connu « les performances passées ne préjugent pas des performances futures ». On investit sur le futur d’une action, sa capacité à augmenter sa valeur et à offrir un rendement. Dans ce cadre, une valeur qui a énormément et rapidement augmenté peut être proche de son plafond et est donc à éviter.

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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