Investir en bourse en 2014


06/01/2014 par Therese 4 réponses (4)

Indices boursiers2013 a été une année boursière exceptionnelle avec une croissance de 12% à 24% des indices boursiers. Mais la plupart des particuliers n’en ont pas profité par manque d’argent ou par frilosité. Pourront-ils se rattraper et investir en bourse en 2014 ? Finance Pratique présente la réponse des optimistes et celle des pessimistes.

Après la crise de 2008, la bourse a perdu plus de 2,4 millions d’investisseurs particuliers français. Ils ne sont pas revenus avec la reprise. Devraient-ils revenir en bourse maintenant ? Les analystes sont très partagés entre optimistes et pessimistes pour les marchés boursiers en 2014.

Importante volatilité des cours

La bourse est de plus en plus perçue comme risquée à cause de la crise de 2008 et de la persistance de brusques et importantes variations de cours.

  • Exemple : en juin 2013, le CAC 40 a perdu 8% en 3 semaines pour les regagner dès juillet. Comme on le voit sur le graphique ci-dessus, ce mouvement a affecté pratiquement tous les marchés. Dans ce cas, le risque est systémique et l’épargne n’est donc pas protégée par la diversification.

Risque systémique macro-politico-économique

Le principal problème est que les cours semblent de moins en moins liés à la performance réelle des entreprises, secteurs ou géographies, et de plus en plus liés à un risque systémique global. Tous les marchés ont été  gonflés artificiellement par des injections de liquidités pratiquées par les plus grandes banques centrales, en particulier celle des Etats-Unis (85 milliards de dollars par mois), celle du Japon (70 milliards de dollars par mois) et la Banque Centrale Européenne. C’est l' »assouplissement quantitatif » (quantitative easing), destiné à soutenir la reprise après la crise, qui a fait monter les prix des actions :

  • Pour simplifier : l’économie réelle ne pouvant pas créer les opportunités de business aussi rapidement que les liquidités affluent, il y a trop d’argent à investir pour trop peu d’actions et leur prix montent artificiellement.

Mais l’assouplissement quantitatif ne peut durer éternellement. De fait, après avoir repoussé de nombreuses fois l’échéance, la Réserve Fédérale américaine a entamé l’arrêt progressif, dit tapering, de son programme d’injection de liquidités.

  • En décembre 2013, le principal acteur de l’assouplissement quantitatif, la Réserve Fédérale des Etats-Unis, a diminué de 10 milliards de dollars ses injections de liquidité. Dans l’immédiat, le marché a bien réagi à ce premier pas dans le tapering. Après une brève chute mi-décembre, les cours ont repris leur tendance haussière et les marchés américains ont terminé sur des records historiques.

Mais en sera-t-il de même si le tapering s’accélère ?

Catastrophistes contre optimistes

Les marchés financiers étant cycliques, on n’a jamais complètement tort quand on prédit une hausse ou une baisse sans préciser quand.

Il ne manque d’ailleurs pas d’observateurs catastrophistes qui prédisent un krach boursier pour 2014. En fait, certains le prédisent systématiquement depuis des années (voir par exemple la Chronique Agora ). Ils se gardent bien de rappeler dans leurs prédictions pour 2014 que leurs prédictions pour 2013, 2012, 2011 et 2010 ne se sont pas réalisées !

Mais ce n’est pas parce que les uns crient au loup, qu’il faut se laisser endormir par les optimistes, parmi lesquels de nombreux gérants qui assurent que tout va bien. D’après eux, la reprise économique est assez solide pour encaisser un arrêt progressif des injections de liquidité. L’argument principal des optimistes est que « tout est différent maintenant ». Nous vivrions dans un nouveau monde, où les rapports entre l’économie réelle et la finance, l’économie virtuelle des échanges sur les marchés boursiers, peuvent évoluer à différentes vitesse.

Hum, hum…

La menace d’une chute brutale est réelle

L’analyste de BusinesWire, Henry Blodget, en doute fortement, et nous avec. Le réel se rappelle souvent brutalement à la mémoire des investisseurs. Or de nombreux indicateurs montrent que les actions sont surévaluées, comme le souligne Henry Blodget pour le marché américain :

  • Le prix moyen des actions est surévalué par rapport aux bénéfices des entreprises. Le ratio price-earnings (PER) moyen est à 25 contre une moyenne normale de 15.
  • La capitalisation boursière moyenne est surévaluée par rapport aux revenus. Le ratio est de 1,6 contre une moyenne normale de 1.
  • La capitalisation boursière totale est surévaluée par rapport au PIB. Le ratio a doublé par rapport aux années 1990.

Bref, la possibilité d’une correction brutale des cours est bien réelle. C’est d’ailleurs un des arguments évoqués en faveur des marché européens, et en particulier du marché français, qui seraient moins surévalués que les marchés américains.

Conclusion : Investir en bourse selon les fondamentaux

Au lieu de se laisser impressionner par les discours des catastrophistes comme par ceux des optimistes, les investisseurs astucieux s’en tiennent aux fondamentaux :

  1. Les crises ne préviennent pas : être conscient du risque et ne pas compter sur des signes annonciateurs d’une chute brutale.
  2. Acheter à la baisse, pas à la hausse : les actions des entreprises dont les cours sont déjà au plus haut ne sont sans doute pas les meilleures affaires.
  3. Acheter dans une perspective long terme : c’est un des principes de Warren Buffet « Achetez seulement des choses que vous serez parfaitement heureux de posséder si le marché s’effondre pendant 10 ans. »
  4. Surveiller son porte-feuille comme l’huile sur le feu.

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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