Le taux du Livret A sera maintenu à 1,25%


19/01/2014 par Therese Réagir (0)

a taux du livret A sera maintenu à 1.25%Malgré la baisse de l’inflation hors tabac largement en dessous de 1%, le gouvernement a décidé de maintenir le taux du livret A à 1,25% afin d’éviter que les français n’accélèrent le déplacement leur épargne vers d’autres placements plus rentables.

Mercredi 15 janvier 2014, le ministre de l’économie et des finances a annoncé que le taux de rémunération du livret A sera maintenu au taux actuel de 1,25% à la date de sa prochaine actualisation, le 1er février 2014.

« Cadeau » du gouvernement, ou cadeau empoisonné ?

L’inflation étant très basse, le taux du Livret A aurait du baisser à 0,75%

Le Livret A est un produit d’épargne réglementé. Son taux d’intérêt est réévalué au moins deux fois par an par la Banque de France selon une formule qui, dans le contexte actuel de taux bas, revient à donner aux épargnants une prime de 0,25% au dessus de l’inflation. En ce moment l’inflation est au plus bas. Depuis la dernière réévaluation du taux du Livret A en août 2013, l’inflation hors tabac a évolué entre 0,5% et 0,7%. Elle s’est établie à 6% en décembre 2013. La stricte application de la formule de calcul aurait donc conduit à baisser le taux du livret A de 1,25% à 0,75%.

Le gouverneur de la Banque de France a toutefois pris en compte le besoin de préserver le pouvoir d’achat des épargnants et a recommandé de déroger à la cette stricte application de la formule et de fixer le taux du livret A à 1,00%.

Une baisse en dessous de 1,25% aurait accéléré le retrait de l’épargne du Livret A

Le gouvernement a désiré aller encore plus loin et maintenir le taux au niveau actuel de 1,25%. A cela deux raisons. La première est que la baisse de rémunération du Livret A aurait pénalisé les petits épargnants et aurait donc été très impopulaire. La deuxième est qu’un rendement à 1% ou moins aurait entrainé une accélération des retraits.

Depuis août 2013, quand le taux du Livret A a baissé de 1,75% à 1,25%, le volume de l’épargne placé sur ce produit (appelé encours) a diminué de près de 3,8 milliards d’euros soit 1,4%. Cela peut paraître peu sur un total de 262 milliards d’euros, mais c’est un retournement notable car depuis le relèvement du plafond, l’encours du Livret A n’avait cessé d’augmenter.

Or les deux tiers de l’épargne du Livret vont à la Caisse des Dépôts et Consignation qui l’utilise pour financer des projets d’intérêt général tels que le logement social. L’Etat en a donc besoin.

Un cadeau empoisonné ? Les épargnants cèdent à la facilité

Certains commentateurs ont parlé d’un « cadeau » fait par le gouvernement aux épargnants. Certes, il y a un cadeau puisqu’au lieu d’une prime de 0,25% au dessus de l’inflation, le gouvernement accorde une prime de plus de 0,50%. Mais, c’est un cadeau un peu empoisonné. Comme Finance Pratique le rappelait, le Livret A est un produit d’épargne défiscalisé, si familier et si simple que son succès dépasse largement son utilité. 96% des français en ont un !

Par facilité, les épargnants acceptent un taux d’intérêt inférieur à ce qu’ils pourraient obtenir dans des placements fiscalisés. Pour rappel, comme le montre le graphique si dessous, à un taux brut de 3% un placement financier fiscalisé rapportera plus que 1,25% à tout ménage imposé à moins de 45%, et même carrément le double si le contribuable est n’est pas imposable!

Ce sont donc les ménages les plus faiblement imposés qui auraient le plus à gagner à placer leur argent ailleurs que sur le Livret A, par exemple sur des livrets sur-rémunérés ou des fonds en euros à 3% sans frais d’entrée ni frais de sortie. Ces ménages argumentent souvent qu’ils ne veulent pas se compliquer la vie en cherchant un meilleur rendement pour le peu d’épargne qu’ils ont. On les comprend, mais c’est quand même dommage de laisser de l’argent dormir pendant que la bourse augmente de plus de 15% !

Et vous qu’allez vous faire pour votre argent en 2014, votez et comparez vos bonnes résolutions !

Intérêt Net pour 3% Brut

 

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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