Correction boursière, rebond… ou crash ?


18/10/2014 par Therese Réagir (0)

IndicesBoursiers17Oct2014-10mois

Depuis deux semaines tous les marchés boursiers ont subi d’importantes baisses interprétées par la majorité des observateurs comme des corrections nécessaires après trois ans de hausse artificielle causée par les injections de liquidités des banques centrales. Les baisses reprendront-elles après un rebond technique temporaire ? La plus grande prudence est de mise

Violentes baisses boursières

Un vent de panique a soufflé sur les bourses depuis la semaine du lundi 6 octobre,  jour où l’indice américain Dow Jones a perdu 1,6% en un jour avec des volumes d’échanges 5 fois plus importants qu’en moyenne. Le CAC 40 français a aussi battu des records à la baisse, perdant 3,6% en un seul jour le 15 octobre. Tous les indices des grandes bourses, Dax allemand, Nikkei japonais, Footsie anglais, ont connu le même sort.

Comme on le voit sur l’infographie ci-dessus, ramené à une base 100 au 2 janvier 2014, le CAC a perdu 15% par rapport à son plus haut point de l’année en juin, tandis que le DAX et le Dow ont respectivement perdu 14% et  7% par rapport à leurs plus hauts.

Panique des bourses droguées aux injections de liquidité

Diverses raisons économiques sont invoquées par les observateurs pour expliquer ce vent de panique : sous-performance économique de l’Allemagne, remise en cause de la dette Grecque, ralentissement des marchés émergents…

Le point commun de toutes ces explications est qu’on fait semblant de découvrir que la hausse massive des valeurs boursières qui a fait gagner 24% au Dow Jones, 23% au DAX et 15% au CAC  40 en 2013 ne repose pas sur une reprise économique de même ampleur. C’est une hausse artificielle, une bulle spéculative, provoquée principalement par les injections de liquidités des banques centrales ( en français assouplissement quantitatif, en anglais quantitative easing ). En résumé : entre rachats de titres et taux d’intérêts extrêmement bas, les banques centrales ont inondé les marchés de liquidités quasi gratuites : trop d’argent disponible pour trop peu d’actions a fait monter les prix, et les hausses ont, à leur tour, fait affluer les capitaux.

Après le rebond, jusqu’où ira la baisse ?

Dans un premier temps, tous les observateurs attendent un rebond dit technique, c’est-à-dire une reprise temporaire à la hausse. Ce rebond est du au franchissement des seuils critiques que les traders et les fonds spéculatifs se fixent pour stopper les ventes ou les paris à la baisse, par des ordres de type : « solder ma position si le CAC passe en dessous des 4 000 points ». Un début de rebond a déjà été observé vendredi 17.

La vraie question est savoir si, après ce rebond, les corrections vont reprendre, voire tourner au crash.

Les optimistes pensent que la correction observée ces dernières semaines montre que les marchés intègrent progressivement dans les prix des actions la fin de l’injection de liquidités par les banques centrales, annoncée de longue date. Pour eux, les banques centrales contrôlent un processus d’atterrissage en douceur grâce auquel la croissance économique prend progressivement le relai de la croissance artificielle. Ainsi la Réserve Fédérale a entamé la réduction progressive  de ses injections de liquidités ( en anglais tapering ) et remontra les taux d’intérêts en fonction de la situation économique, soit pas avant « une période de temps considérable » [1].

Les pessimistes ne croient pas à l’atterrissage en douceur. Ils pensent que les banques centrales ne peuvent pas maintenir les marchés boursiers en respiration artificielle plus longtemps. Il faut se résigner : l’économie réelle ne suit pas. Malgré les promesses telles que « La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire » [2], les banques centrales devront bientôt arrêter de réagir à chaque baisse des marchés par de nouvelles injections de liquidités et accepter de nouvelles fortes corrections. A défaut, les marchés finiraient par s’effondrer les uns après les autres comme des châteaux de cartes.

On note qu’il n’y a très peu de vrais optimistes, c’est-à-dire d’observateurs qui croient qu’on est déjà dans une dynamique de croissance robuste de l’économie réelle, même pour l’économie américaine.

Les Banques Centrales siffleront-elles la fin de l’exubérance rationnelle?

En vérité, on assiste comme à un bras de fer entre les drogués (les marchés) qui veulent de la dope gratuite et leurs dealers (les banques centrales) qui ont besoin de les garder en vie.

On parle d’« exubérance irrationnelle » pour désigner l’aveuglement des investisseurs qui font comme si les hausses pouvaient se poursuivre indéfiniment.

Mais quand on observe les marchés depuis le début des politiques d’injection de liquidités par la Banque d’Angleterre, la Réserve Fédérale, la Banque Centrale du Japon, la Banque Centrale Européenne et même la Banque Centrale Chinoise, on devrait plutôt parler d« exubérance rationnelle ». En effet, pourquoi les acteurs se priveraient-ils de spéculer avec des liquidités quasi gratuites tant qu’il y en a ? Quel spéculateur peut-il résister à l’appel de marchés en croissance artificielle ?

Il y a une rationalité certaine à continuer à jouer tant qu’on ne sait pas quand la fin de la partie sera sifflée.

Conclusion

Pour l’épargnant moyen, une seule chose est certaine : l’incertitude est grande. Ceux qui ont la chance d’avoir un portefeuille d’action dont la valeur a significativement augmenté depuis trois ans le surveillent certainement comme l’huile sur le feu.

PS. Les observations qui précèdent ne constituent en aucun cas des conseils d’investissement.

[1] Janet Yellen, présidente de la Réserve Fédérale, 17 septembre 2014.

[2] Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, 24 juillet 2014.

 

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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