Capitaliste et solidaire ? C’est possible en crowdfunding avec 1001pact


20/04/2015 par Therese 3 réponses (3)

Investissement participatif solidaire sur 1001pact

L’économie sociale et solidaire (ESS) est elle conciliable avec le capitalisme ? Oui, répond 1001pact, une nouvelle plateforme d’investissement participatif (equity crowdfunding) qui propose aux épargnants d’entrer au capital d’entreprises sociales et solidaires. Un pari audacieux qui nous rappelle le lien étroit entre crowdfunding, économie collaborative et entreprises solidaires.

Décidément, le crowdfunding casse les préjugés de la finance traditionnelle. Récemment, des plateformes d’investissement participatif ont ouvert le financement de la promotion immobilière au grand public. Aujourd’hui, la plateforme  1001pact propose aux épargnants de devenir actionnaires d’entreprises de l’économie sociale et solidaire.

Le crowdfunding finance l’économie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble des entreprises qui allient activité économique génératrice de revenus et utilité sociale ou environnementale. La recherche du profit est subordonnée à la mission solidaire de l’entreprise, que ce soit le développement économique d’une communauté en ou hors de France, la protection de l’environnement, le logement social, l’insertion des chômeurs, ou le soutien des personnes âgées. Les entreprises officiellement agrées ESS sont très diverses : grandes mutuelles, entreprises privées, petites associations.

Comme toutes les entreprises, les entreprises de l’ESS ont besoin d’argent pour se développer. Le financement participatif ou crowdfunding se prête particulièrement bien à ce type d’entreprises porteuses d’un message fort.

  • Communication : en crowdfunding, les porteurs de projets ESS peuvent porter leur message largement à moindre frais.
  • Collaboration : la « foule » des internautes aide à valider les projets, à créer la confiance.
  • Transparence : les supporters peuvent voir concrètement à quoi sert leur argent.

Dès ses débuts, le crowdfunding a donc naturellement contribué à l’ESS, formelle et informelle.

    • Crowdfunding solidaire non rémunéré : De nombreuses plateformes spécialisées dans l’ESS sont des plateformes de dons, Avec ou sans contreparties symboliques, comme Arizuka ou Cowfunding, et des plateformes de prêt sans intérêt comme Babyloan ou HelloMerci. Par ailleurs les plateformes généralistes, non spécialisées dans l’ESS, telles que les plates-formes de don avec contrepartie Ulule affichent fréquemment des projets solidaires.
  • Crowdfunding solidaire rémunéré : La plateforme de crowdfunding Lumo permet de financer la transition énergétique par achat d’obligations. Les plateformes généralistes de prêt avec intérêt, comme Lendopolis, ou d’investissement participatif, comme WiSeed soutiennent fréquemment des projets d’intérêt général, tels que la création de crèches ou d’entreprise de services aux personnes âgées.

1001pact parie sur des entreprises solidaires économiquement performantes

En quoi 1001pact diffère-t-il des plateformes de crowdfunding précédemment citées ?

1001pact se présente comme la première plateforme de crowdfunding exclusivement dédiée à l’investissement participatif par l’actionnariat direct dans des entreprises sociales et solidaires en croissance. Leur concept :

  • En ouvrant leur capital aux internautes pouvant investir 100 euros, les jeunes entreprises de l’ESS gagnent non seulement des investisseurs mais des actionnaires directs et engagés qui vont aider l’entreprise à grandir.
  • Les entreprises choisies ont des projets économiques de croissance qui peuvent rapporter aux investisseurs un retour sur investissement de 1,5% à 5% par an, au bout de 5 à 8 ans – en plus de l’avantage fiscal par réduction d’impôts sur le revenu ou d’impôt sur la fortune au titre de l’investissement au capital d’une PME.

Le rendement d'un investissement au capital dépend de la sortiePourquoi « au bout de 5 à 8 ans » ? Rappelons que la participation au capital d’une jeune entreprise, son actionnariat, n’est rémunéré que par les dividendes ou la plus value. Une jeune entreprise en croissance ne distribue généralement pas de dividendes car ses bénéfices éventuels sont employés avant tout à financer sa croissance. La plus value, elle, n’est réalisée qu’au bout d’un certain temps généralement estimé à au moins 5 ans, lors de la sortie (exit ) du capital, c’est-à-dire lorsque l’on revend ses parts, à l’occasion d’évènements tels que :

  • Le refinancement de l’entreprise par l’entrée au capital d’un gros investisseur.
  • Le rachat de l’entreprise par un concurrent, partenaire ou autre.
  • Le l’entrée en bourse de l’entreprise.

La sortie ou exit (le terme est plus souvent employé en anglais) n’est possible que si la société s’est développée et a atteint ses objectifs économiques, faisant d’elle une cible attractive pour de nouveaux investisseurs.

Dans le cas contraire, l’entreprise peut s’étioler, faire faillite ou être racheté à très bas prix, de sorte que l’actionnaire original peut perdre tout ou partie de son capital.

Donc le pari audacieux de 1001pact est que des jeunes entreprises de l’ESS peuvent être non seulement économiquement viables, mais assez performantes pour grandir, faire des profits et distribuer des dividendes ou créer une plus value de l’action qui permettra d’offrir une sortie rentable à leurs actionnaires.

Une nouvelle génération d’entrepreneurs ESS ?

Le pari est risqué, il sonne presque comme une contraction dans les termes puisque les entreprises de l’ESS ne sont pas habituellement perçues comme des entreprises qui peuvent être profitables, mais au contraire comme des entreprises qui sacrifient les profits pour se mettre à la portée de tous, y compris les plus démunis et les moins solvables.

Pourtant, c’est cette contradiction qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs veut dépasser.

Pierre Achache de MagicaboxUn premier exemple de ce nouveau type d’entrepreneur est Pierre Achache, le fondateur et PDG de Magica Vision, une des premières entreprises présentées sur la plateforme 1001pact. Devenu brusquement aveugle à la suite d’une maladie, Pierre Achache s’est reconverti de professeur en sciences économique en entrepreneur. Sa première société, une société de services informatiques, Oxone Technologies est une belle PME qui s’est développée à l’international. Aujourd’hui il lève des fonds pour une entreprise ESS, Magicabox, qui développe des outils technologiques faits « par les non voyants pour les non voyants » et fabriqués pour atteindre un prix accessible pour tous.

Julien Banayoun et Eva Sadoun, fondateurs de 1001pactLe deuxième exemple pourrait être celui des créateurs du site 1001pact eux-mêmes. Formés en école de commerce, Eva Sadoun et Julien Benayoun ont fait l’expérience de l’humanitaire à but non lucratif, mais aussi de l’entreprise de finance traditionnelle. Aujourd’hui, ils entreprennent de renouveler l’entrepreneuriat social et solidaire en faisant émerger de nouveaux entrepreneurs de l’ESS capables de faire grandir profitablement leur entreprise. Ils ont également l’ambition de populariser le mouvement de l’ESS auprès d’un public d’épargnants plus large et plus divers, sans doute aussi plus jeune, que son audience habituelle.

Les associations plus « traditionnelles » et militantes de l’ESS, tels que les Cigales IDF les soutiennent.

Soyons ouverts, intéressons-nous aux nouvelles idées

Un pari audacieux pour 1001pact. Entreprise solidaire et rentabilité pour l’actionnaire peuvent sembler a priori une contradiction. Mais qui aurait cru que les particulier accepterait de partager leur voiture sur Ouicar ? Capitaliste et solidaire, ce ne serait pas la première contradiction que l’économie collaborative de l’Internet permet de dépasser.

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Note : Finance Pratique n’a aucune relation commerciale avec 1001pact et cet article n’a pas valeur de recommandation.

En tant qu'utilisatrice des services financiers, puis consultante pour des banques et compagnies d’assurance, Therese a constaté qu’en finance, c’est souvent le client qui doit s’adapter au service et pas l’inverse. Pour elle, la finance doit changer. Pour contribuer à ce changement, Therese a entrepris de fournir de l'information plus pratique, plus simple et plus objective sur tous les sujets liés à la finance personnelle.

A propos Therese

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3 réflexions au sujet de « Capitaliste et solidaire ? C’est possible en crowdfunding avec 1001pact »

  1. Emmanuel

    On a aussi l’excellente plateforme Spear pour investir solidaire.
    Il n’y a pas de risque « entreprise ». C’est un point important.

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